Vélo-bulle, ce n'est pas un vélo dans une bulle ; ce n'est pas non plus une bulle dans un vélo. Vélo-bulle roule et écrit.

 

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A propos de Vélo-bulle :

Voies sur berges (2/3)

November 12, 2017

Je suis entré dans les terres – au fond, pour mon bien : magnifique arc-en-ciel alors que sur la côte la pluie tombe – je l’apprendrai un peu plus tard – à torrent. Sous un abri, un couple de cyclistes vient me faire la conversation : madame voudrait que son époux l’accompagnât dans une virée cyclotouriste. Un court répit avant de poursuivre, un peu inquiet par la couleur des nuages. J’arrive dans une ville noyée, je roule enfin sur le front de mer, à l’aide de nombreuses pointes à plus de 30 km/h. Je n’avais pas réfléchi à la question des vents : j’apprends sur le tas que ce parcours doit toujours s’accomplir dans la direction nord sud. 

 

Crevaison en fin de soirée. Impossible de réparer : l’écrou de la roue arrière est coincé. Coup de bombe ; ça a l’air de fonctionner. Bivouac au bord de la forêt, dans un coin de champ à l’abri des papotages, de la passion, des quintes, de la disette ou des épidémies. Je suis intimidé par des années de pieu et de couette – mais des vestiges d’adolescence, ainsi que l’environnement de prés et de haies,  donnent à mon campement un petit air familier.

Compensation entomologiste : sur un chardon, une mante religieuse se dandine comme un peintre pour se planquer dans la couleur. Je suis si subjugué que je la filme, cette star d’un soir.

Entendu pendant la nuit comme un galop – un sanglier ?  

 

SIX

 

Après une côte fichtrement pentue et surtout très longue, je me suis arrêté devant le portail de ce que j’ai cru être un cimetière, espérant y trouver de l’eau. J’ai pensé à Cioran et à son goût pour ces hauts-lieux lorsqu’il voyageait à vélo. J’avais oublié que mes sandales étaient calées aux pédales. Lourde chute. La tête a touché le sol. Je ne peux pourtant plus me passer de ces outils de pénétration dans l’air. Ils ajoutent une force à la volonté, ainsi qu’un surcroit de dynamisme aux mollets, surtout dans les côtes, ou à l’arrêt lorsqu’on reprend la route, comme si on disposait d’un muscle supplémentaire. Et d’un point de vue vélosophique, les cales renforcent l’impression d’exosquelette chère à Jarry.  

 

Quelques kilomètres à fond de train – ce qui est bien relatif – sur un chemin de terre très étroit entre une zone forestière et le remblai d’une ligne de chemin de fer où passaient de temps en temps un train. L’étroitesse de la piste et ses capitons latéraux me donnaient l’impression d’une percée constante, non sur le chemin mais dedans, un peu comme si l’ensemble était devenu un tube d’air, de pierres et de feuilles.

 

Voyager léger – mieux servir le vent !

Renoncer aux lourds machins.

Guider par le poids et le non-poids le vélo.

Jusqu’au savon d’Alep aux saines et multiples vertus qui lustre tout, et le corps et le linge, qui shampouinge, qui rase : substance brune en laquelle je vois un condensé de ma pérambulation. Un savon est tout un univers-Ponge, petit cube de satin mouillé et d’odeur d’arbre, à moins que ce ne soit son laurier qui me monte au nez.

J’ai pris soin d’emporter une poignée de sacs bioagréables que l’on trouve maintenant au rayon fruits et légumes. Aussi légers qu’un bon vent, ils déploient leurs rudiments soyeux en prenant peu de place une fois ratatinés, avant de servir de sacs à déchets ou d’emballage de linge.

 

Baptême de l’air et du feu : pour la première fois, sans doute essaimés par une main verte militante, j’ai vu, sur le bord du chemin, des coquelicots jaunes.

 

Carpe diem à toute allure sans rien mordre ni laisser.

 

La côte est belle, mais le tourisme de masse, les plages bondées, la forte circulation sur le front de mer ne m’incitent pas aux pauses rêvassières ; seule la Faute-sur-Mer, avec sa petite plage de sable sombre, parvient à faire ralentir la cadence.

 

SEPT

 

Départ de Talmont Saint-Hilaire, où j'ai roupillé au camping « L'Espérance ». Rencontré devant un bistrot un randonneur pédestre chargé comme un mulet. 1450 bornes en 84 jours. Je salue la performance devant un expresso, bien que je ne sois pas du parti pris des chausses...

 

Quelques kilomètres en compagnie. R. s’était perdu ; moi aussi. Une fois le chemin retrouvé, nous avons foncé vers le littoral. C’est en amorçant un virage que l’océan soudainement est apparu. J’aurais voulu m’arrêter en cet endroit et marquer une pause mais R. a poursuivi comme un bolide.

Après ce virage, un café est un bon prétexte pour poursuivre seul. Je m’arrête à une gargote face à la dune quelques centaines de mètres plus loin. Il fait très chaud. Les tables sont des reconversions de dérouleurs de câbles. La circonférence de la mienne, ô combien plus grande que celle de ma tasse, n’en a pas moins une parenté de forme qui les unit au nom de l’harmonie entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Je le constate en savourant mon café ; petites lampées pour retarder le départ : mon ex compagnon doit devenir plus ex encore, aidé que je suis par une longue cogitation sur les cercles que j’ai sous les yeux ; après tout, je veux poursuivre mon chemin, pas le sien.

 

Sur la côte, on ne se salue plus guère. Du reste, je ne croise pas grand monde.

 

Entre Pornic et les Sables-d’Olonnes : lassé par la platitude du paysage – longs chemins, canaux, éoliennes, je m’allonge sur la route. Au ras du sol, on se croirait dans une steppe où l’on pourrait flipper au crépuscule. Plus au sud, « le chemin des ostréiculteurs », balisé d’échafaudages de bois pleins de charme, permet à l’attention de maintenir le cap. Dans les villages, des ports de pêche de cartes postales offrent quelque distraction. Après la diversité des chemins de la Loire, la région me semble quelconque et surtout interminable. La variété, voilà le complément les plus fringant du muscle.

 

Arrivée aux Sables-d’Olonne : la courbe de la baie est gouleyante d’expectative. En un coup d’œil, on a une vision de ce que l’on doit parcourir. Cela paraît long, alors que ça fait 6 ou 7 km. Belle piste. Une plage surpeuplée. Bel océan, tout rond. Une fois sorti de la baie, on se dit « déjà ».

 

La mer si près et si vite, c’est à la fois ludique et sérieux. Il faut éviter les piétons, si nombreux et insouciants, doubler des vélos et lorgner du côté droit pour ne rien rater de l’horizon, des vagues, des plages de galets, des rochers abrupts. Je veux m’en mettre jusque-là, m’empiffrer de l’odeur forte de la marée, regarder l’océan, sans sacrifier la piste car elle aussi est belle. Je m’arrête parfois pour sortir. Descendre du vélo nécessite une réacclimatation, le temps de dissiper un léger malaise et de retrouver le sens de l’orientation : tout ce qui n’est pas la route donne tout son sens à la route. Je m’assieds sur un banc mais le vélo attire toujours mon attention. « C’est de là que je viens », me dis-je bêtement. Enfin, je mets la main à l’appât et je repars rentrer dans le paysage que, pendant quelques minutes, j’ai regardé de face.

 

HUIT

 

B. vient de Béziers. Il est passé par le Canal du midi, a remonté vent debout une partie de la côte Atlantique. Dur dur. Très satisfait de sa performance, 100 km par jour. Forcément, j'acquiesce. Il file maintenant vers Niort. Gai comme un pinson, il me montre les photos qu'il a prises. Il photographie mon vélo dont je lui vante les mérites. On fait un bout de chemin ensemble, devisant sur la forme des roues.

 

C’est maintenant connu, vélo est l’anagramme de love, mais aussi, jusqu’à l’accent près, de volé. Fort d’une expérience malencontreuse, je crains et fuis les grandes surfaces, zones intermédiaires entre le tout et le rien où, crois-je, peuvent sévir les équipées sauvages autochtones de notre modernité. Si je suis contraint à celles-ci, je cours entre les rayons pour rejoindre sans tarder les autres, qui rayonnent au soleil. Je préfère les petits commerces, gargotes, boutiques, échoppes – lorsqu’il y en a car hélas la route s’est dépeuplée. Hors les grosses bourgades, il est même devenu difficile de trouver de l’eau. De trouver une fontaine, ou un troquet où boire le café du matin, ou celui de l’après-midi, rites auxquels je ne déroge pas. Boire un café, trouver de l’eau deviennent les objets d’une quête consciencieuse et digne d'intérêt. Là aussi il y eu vol : les grandes surfaces, la bagnole ont dévasté la ruralité de ses bienfaits ordinaires. Il semble que seuls quelques boulangers aient peu ou prou échappé à cette disparition. J’en suis fort aise car une pâtisserie avant le café en milieu de matinée me remplume jusqu’au déjeuner. Je me goinfre sans vergogne pendant que ça roule avant que ça croule. J’irrigue mon sang de calories providentielles, que je combine avec les éléments principaux de ma volonté, à savoir :

Deux roues

Une selle

Un guidon

Un cadre

Une chaîne

Des pédales

Des freins

Des bagages

Un carnet

Un chemin, une virette, une tortille, une laie, ce qui se fait devant.

 

Une petite journée. Une petite journée, c’est un ruban droit, qui ne serpente pas, une route feignante, cernée par le plat, mais pas n’importe lequel : le plat envahi de champs maïs et de tournesol.

Tournesols boudeurs

vos têtes piquant du nez

tournant le dos au soleil –

il m’a semblé que vous ressembliez à des pommeaux de douche.

 

« Le Bois Dinot », camping municipal de Marans. A l’accueil, on me dit qu’ils ont reçu 70 cyclistes dans la journée. J’y retrouve les espagnols de Nantes et la bonne humeur de B. 

 

NEUF

 

Je demande mon chemin à une dame : on papote un bon moment car la dame, dont j’ai reconnu l’accent, a connu le patelin où j’ai vécu mon enfance ; on parle du fleuve, des ports, des canaux de là-bas.

25 km de canal jusqu’à La Rochelle, qui m’ont assez vite ennuyé malgré la berme herbeuse, parfois tondue de près. Dans un bar face au port de plaisance de la Rochelle, je m’enquiers d’une grosse boule de piquants faisant office de lampe. On me dit qu’il s’agit d’un diodon, que ça vient des Caraïbes, photographie à l’appui : une dizaine de diodons gisent sur un étal. Le poisson est plus gros qu’un ballon de football, moche et inquiétant avec ses multiples piquants qui lui donnent une carapace de mutant. Quel destin lumineux !  

 

Le chuintement continu des pneus dans le velours de la poussière... Volupté enjôleuse, enrôleuse : que ne ferait la route pour qu’on la prenne !

Quant au bitume tout neuf d’une petite route, couleur de charbon éclairé par un soleil encore à l’est, aux lignes d’un blanc éclatant : une débauche routière où le vélo coule de source…

Il existe une typologie des chemins ; un nom précis leur est attribué en fonction de leur morphologie ou de leur usage : ainsi, certains d’entre eux, le long de la Loire, sont des turcies, chemins surélevés pour se protéger des crues ; une virette est un chemin tortueux tout comme la tortille, et une cavée est un chemin dans la forêt, de même de la laie et du lé, mais ils ont des fonctions différentes... Chemin n’est qu’une appellation générique pour résumer une stratégie, parfois philosophique, qui part dans tous les sens, d’un bout à l’autre du monde, en changeant de forme et de nom au gré des variations du paysage. Quant à la qualité des revêtements, de leur texture : des ressources qui mériteraient qu’on s’y arrête, mais la chose est, stricto sensu, à retarder le plus longtemps possible !

 

Rochefort. L’Hermione. Un bateau qui devient de légende, c’est forcément magnifique. On pense tous la même chose en tournant autour : il y a foule aux portillons de la mer avant son prochain départ pour la méditerranée.

 

Le Pont transbordeur un peu plus loin m’indiffère de haut en bas, en long et en large. Sans doute suis-je mal placé pour en apprécier – quoi ? Il faudrait être en bateau, passer dessous par la Charente, comme l’a fait L’Hermione pour le considérer, ou alors, de nuit, illuminé, peut-être. Je quitte la zone vers Soubise en empruntant le petit bac à qui il faut faire signe pour qu’il rapplique.

 

Mais je me suis trompé ; tant mieux : j’arrive à Hiers-le-Brouage, un peu avant Marennes. Très beau village replié dans sa citadelle bondée de touristes, Carcassonne miniature. Je passe outre et emprunte la rue du Québec libre où se trouve, inattendu, un Musée du vélo. J’y engouffre le mien tant j’ai hâte de visiter cette jolie maison bleue. Collection privée, riche d’une centaine de vélos. J’ai un faible pour le deuxième exposé : le vélocipède des frères Michaux (le premier est une draisienne, un peu balourde). Je quitte les lieux requinqué pour d’autres lieues. 

 

 

 

DIX

 

Pont de la Seudre. Le dénivelé impressionne le débutant. Quelle montée ! Ensuite, remarquables paysages, que je ne vois qu’en aperçus fugaces à cause d’un vent latéral qui fait tanguer la machine. Le bassin ostréicole, zébré de fins canaux, s’étend à gauche jusqu’à l’horizon, tandis qu’à droite se profile l’Île d’Oléron. Un vrai moment de paix – et de soulagement ! – qui couronne ma montée.

 

Ronce-les-bains (Rince-les-bons ?). Cité balnéaire blindée de monde ; aucune chance de trouver un camping. Bivouac dans les pins maritimes de la forêt de Coudre, plantés sur les dunes. Après avoir traversé par une cavée interdite aux vélos un coin de forêt, je rejoins une place forte toute verte. Lourd déplacement dans les chemins sableux jusqu’au repaire, une petite place forte au soleil. On ne peut me repérer de nulle part. Les instincts archaïques resurgissent pour planter un décor trois étoiles sécurisé et douillet, ce qui en soi cristallise les caractéristiques du confort et de la sécurité recherchés. J’entends la rumeur de l’océan. Vers 23 heures, explosions de feux d’artifices. Je sors. Pour la première fois depuis mon départ, je lève les yeux. La Petite Ourse me fait du gringue. Je me retourne en direction de la mer ; entre deux cimes, c’est la Grande Ourse qui surgit ; c’est banal et pourtant je suis envoûté ; je m’en veux de n’avoir pas été plus tête-en-l'air les soirs précédents.

Ma gamberge était à la Grande-ourse…

Celle-ci ne m’a jamais paru aussi proche…

Ou est-ce moi qui m’en suis rapproché ?

 

ONZE

 

Une fois sorti de ce pochon lové dans l’odeur chaude des pins, je déchante : le pneu arrière est à plat. J’abandonne les bagages dans un coin de forêt ; je mets un écureuil de garde. La Palmyre est à dix bornes. Je pars à pied à la recherche d’une clé en poussant le vélo. Fort cagnard. La nature, la piste sont belles : je marque une pause sur un coin de littoral envahi de pins ployés sous le vent, au rivage impropre à la nage, rempli de végétation. Un coin de beauté des îles où mon vélo en rade ne l’est plus vraiment.

Un cycliste anglais s’est arrêté. Dans sa petite trousse à outil, il avait la bonne clé. Mais moi, je n’avais pas la bonne pompe pour la chambre à air de secours. Et cela à deux kilomètres de la Palmyre… Où de jeunes cyclos me filent une pompe et une belle pêche. 

A la Palmyre, en centre-ville, au lieu-dit « La Lagune », 1000 kilomètres.

 

Royan : très belle piste sur le front de mer. « Boulevard des plages » jusqu’au camping : des hauts et des bas, parfois à plus de 40 km/h.

 

DOUZE

 

Berges de l’estuaire de la Garonne – on dirait la mer – et à nouveau d’appréciables variations de paysages. Gracieux petits villages à fleur d’eau. La réserve naturelle de Vitrezay frappe par l’impression de vastitude qu’offrent les chemins dont on ne voit pas le bout. La rive est émaillée de pêcheries de carrelets sur pilotis qui forment de longs pontons en bois sur le fleuve. Il n’y a qu’à pied ou en vélo qu’on peut déguster des yeux ces petites merveilles d’inventivité aux formes élémentaires. Cependant, après Braud la déserte (c’est le 15 août),  où je fais le plein d’eau – la commune a des toilettes publiques  –  le paysage est plus morne. Marais, ragondins ragondant. Mais ce n’est pas toujours plat ! Il y a de fortes côtes avant Blaye et le soir, je suis fourbu.

 

Pas assez trempé ton maillot !

T’es pas au bout du rouleau

 

Mauvaise nouvelle : l’objectif de l’appareil photo, souillé par une sorte de pet de broue indélébile, entache chacune de mes prises de vue d’une bigne insupportable. Je me réconforte – à peine – avec le portable de secours.

 

Coriaces côtes de Bourg. A 12 degrés, ce serait drôle. 

 

Je ne suis pas dupe, le soir, je ne suis plus qu'un bourrin assoiffé, affamé, en quête d’une litière en forme d’œuf. J’arrive fourbu à Bourg – au camping municipal « La Citadelle ». Lieu charmant : d’un côté, des troglodytes construits dans l’ocre lumineux d’une falaise, que la lumière de la fin d’après-midi accentue pour la dorer ; et de l’autre, le fleuve. En cet endroit, il y a un bateau coulé en partie émergé, couleur de boue. Les hublots me dit-on apparaissent ou disparaissent au rythme de la marée, qui se fait sentir jusqu’ici et même au-delà. Il s’agit du "Frisco", navire allemand, qui gît là depuis 1944.

Dîner au « Quai des brocs » : des jambons entiers rôtissent en extérieur dans une rôtissoire bien originale. La part servie aussi !

 

TREIZE

 

Rencontré P. avant Bordeaux. Un vélosophe assurément, qui pratique le vent dans le dos au gré de son inspiration, sans programme précis si ce n’est un programme imprécis. Sa manière décontractée de pédaler m’a fait songer au facteur Tati. On a roulé ensemble jusqu’au-delà de Bordeaux ; en chemin, il m’a présenté E. qu’il avait rencontrée la veille, et qui roule en solo depuis Paris sur un vieux vélo.

 

A Cambes, j’ai bu un café au Broc2bars. Jamais vu une aussi belle brocante – immense hangar déployant dans un ordre parfait quatre thèmes, la cuisine, l’école, le meuble industriel et surtout, submergeant l’ensemble, le bistrot : des milliers d’objets, verres, pichets, cendriers, cadres publicitaires, etc., rangés avec le soin des collectionneurs, et si abondamment colorés que l’agencement forme un tableau aux multiples touches sur lesquelles l’œil ne parvient pas à se fixer, attiré par un autre point de convoitise. Repéré dans le bas d’un meuble un épais dictionnaire Bled, sentant bon la salle de classe studieuse et avide de connaissances des temps… anciens. A l’extérieur, un vélo « Jacques Anquetil ».

 

La selle, récupérée de mon ancien vélo, est désormais si confortable qu’elle est devenue une troisième fesse (après tout, je n’en avais que deux).

 

Enfin ! Castet en Dorthe (qu’on prononce casse-tête), point de rencontre entre la Garonne et le canal. Première écluse. L’influence tidale se fait ressentir jusqu’ici. C’est donc à ce croisement que commence le fameux Canal. Pressé par l’heure, je ne m’attarde pas et file dare-dare au camping de La Réole, aussi rudimentaire que parfait. En revenant du centre-ville où j’avais dîné, une montgolfière paradait dans le ciel entre les haubans du pont – selon un effet de perspective. Quittant le patelin, j’eus l’impression que l’aérostat allait franchir, lui aussi, ce pont.

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Petits cycles du bonheur, Pierre-Louis Desprez. Arléa, 2007.

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Un voyage au japon, Antoine Piazza. Babel, 2015.

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